Les témoignages

Le cinéma francophone se porte bien à Welland grâce à une famille

La majorité des personnes deviennent des cinéphiles durant leurs temps libres. À Welland, une famille a lancé une projection mensuelle de films en français et la tradition perdure! La Fondation franco-ontarienne y a joué un rôle grâce à une petite subvention…

Les employés de la Fondation Marc Chénier, Yaye Peukassa et Jacques Des Becquets étaient de passage à l’Hôtel de ville de Welland le lundi 3 février 2020 afin de parler de la Fondation et de l’organisme qui partage les mêmes locaux, l’Association française des municipalités de l’Ontario. En cours de présentation, une femme dans la salle s’est levée afin de souligner qu’une subvention qu’avait accordée la Fondation il y a quelques années avait permis à son fils de poursuivre son projet de cinéma et que les rendez-vous pour la projection en français ont encore lieu à ce jour. Il n’en fallait pas plus pour aller à la chasse aux renseignements!

Il y a quelques années, Justin Gauthier observait sa mère Muriel Thibault s’impliquer auprès des aînés francophones au Club social de l’endroit. « En 2012, se souvient-il, il y avait peu d’activités pour les jeunes francophones. Ma mère a commencé à montrer des films. C’était simple : on installait des draps blancs sur un mur, on installait le projecteur et on faisait jouer un film que nous avions loué. » Puis, la chance lui a souri sous forme d’un concours de Star Académie. « Il y avait un concours sur le site web de l’émission à succès. Il fallait écrire un texte afin d’expliquer une expérience agréable. » Le jeune Justin d’alors a dû être convaincant : il a remporté le premier prix d’une valeur de 15 000 $! Il a investi cette somme en équipement afin de poursuivre l’initiative de sa mère. Le rendez-vous mensuel Le coin à Justin était né!

Vers la même époque, le Club social fermait. Justin a approché le Centre de santé communautaire qui a consenti à lui prêter une salle. Son prix de Star Académie en main, le jeune entrepreneur a modernisé son équipement et a acheté quantité de coussins, de chaises… et une machine à faire du maïs soufflé! La nouvelle tradition consistait à projeter un film en français, le premier dimanche du mois à l’intention des tout petits. L’engouement a été immédiat. Tant et si bien que monsieur Gauthier s’est procuré un deuxième projecteur et a eu accès à un deuxième local afin de présenter une programmation pour les enfants un peu plus vieux. « Plus de familles venaient. C’était souvent le seul endroit, en dehors de l’école, où les parents et enfants pouvaient faire quelque chose en français, » explique celui qui, aujourd’hui, est propriétaire d’Arcfire Media (mise en marché numérique) à Ottawa.

Relève familiale

Environ deux ans plus tard, Justin Gauthier a obtenu une subvention de 500 $ du Fonds franco-ontarien du Niagara (de la Fondation franco-ontarienne), se remémore-t-il, ce qui lui a permis de poursuivre les projections. D’autres commanditaires étaient aussi réceptifs et l’ont aidé à défrayer les dépenses. Mais il était temps pour lui d’amorcer ses études à l’Université d’Ottawa. Son frère Nicolas – alors en dixième année – a alors pris la relève pendant trois années. « Il a appliqué la même formule (que moi). J’ai commencé à produire les affiches afin d’annoncer les films réservés aux (enfants) plus vieux. »

Les aînés ont voulu bénéficier de leur propre projection. Les visionnements sont donc devenus un peu plus fréquents pour les enfants et régulièrement, ont confirmé Justin et sa mère, entre 50 et 100 personnes – et souvent davantage – se rendent à une séance de cinéma. La tradition se poursuivait, au grand plaisir des francophones. « Ça ne dérangeait même pas les aînés de regarder un film une deuxième fois parce qu’ils l’avaient aimé. Ils le redemandaient, » note le jeune homme d’affaires devenu grand. Aujourd’hui, Nicolas est aussi passé par l’université et maman Muriel demeure fidèlement en poste afin de poursuivre Le coin à Justin.

Interrogé quant à ce qui le motivait à préparer ses séances de cinéma, Justin Gauthier réitère que c’était afin d’offrir une activité en français aux jeunes et moins jeunes, peu importe le calibre de français parlé. Il retire une grande satisfaction d’avoir été témoin de la distribution de ses affiches de film dans les écoles de langue française et d’immersion à Welland et que ce public ait été fidèle.

Si jamais des lecteurs et lectrices se trouvent non loin, Le coin à Justin promet quelques minutes de détente. « Trois, deux, un… action! »

Gracieuseté Justin et Nicolas Gauthier aujourd’hui.                         

Gracieuseté Justin et Nicolas Gauthier aujourd’hui.    Gracieuseté Justin Gauthier à son bureau.

                                         

L’un des fonds qu’héberge la Fondation franco-ontarienne, c’est le Fonds Thomas-Blais, apparenté au mouvement Desjardins. Sa mission : « Appuie la réalisation de projets issus du milieu, et présentant un important potentiel de retombées positives dans la collectivité ontarienne. » Lorsque le mouvement des caisses Desjardins décerne son Prix du mérite coopératif, deux tranches de 1 000 $ sont dirigées vers la Fondation franco-ontarienne; 1 000 $ sont injectés directement et symboliquement dans le Fonds Thomas-Blais et 1 000 $ sont déposés dans un fonds – au choix du/de la récipiendaire – dans un fonds de dotation chez la Fondation franco-ontarienne. 

Récipiendaire 2018 

Jean-Marie Comeau avait été sélectionné comme récipiendaire à l’été 2018. Celui-ci avait vu une tranche de 1 000 $ être versée au Fonds Thomas-Blais et il avait choisi le fonds du Conseil de la coopération comme récipiendaire d’une deuxième somme de 1 000 $. 

  

Récipiendaire 2019 

Denis Vallée a été identifié l’automne dernier à titre de récipiendaire 2019 du Mérite coopératif. Ce résident de Cochrane (dans le Nord ontarien) qui a franchi le cap des 80 printemps connaît le mouvement coopératif depuis son jeune âge, son père Ronaldo ayant été fondateur de la caisse populaire de l’endroit, en 1946. C’est à sa retraite en 1988 que monsieur Vallée a consacré davantage de temps au mouvement coopératif des caisses. Avec le temps, monsieur Vallée s’est retrouvé à la présidence du conseil d’administration de sa caisse – il en occupe présentement la vice-présidence – et a occupé plusieurs postes au sein de cette infrastructure et a connu la période des fusions. 

Ce prix note aussi le dévouement communautaire du/de la récipiendaire et à ce titre, la feuille de route de monsieur Vallée est bien garnie! Ce dernier a œuvré au sein de sa paroisse, des Chevaliers de Colomb, au comité consultatif de la Coopérative des fermiers de Cochrane, pour les aînés, dans les sports, à de nombreuses causes caritatives et campagnes de prélèvement de fonds (dont l’aréna Tim-Horton, ce hockeyeur légendaire étant né à Cochrane). Partout où il se déplaçait, monsieur Vallée s’assurait de faire valoir le français et les francophones de l’endroit au même titre que les anglophones. Ses pairs à Cochrane ont remarqué ses qualités de leader : il a été nommé « Personnalité francophone de l’année » en 2011 et « Personnalité bénévole de l’année » deux ans plus tard. Nos félicitations à monsieur Vallée pour son travail et sa détermination soutenus! 

 


 

PHOTO : gracieuseté  

Cérémonie de remise du prix à Ottawa, décembre 2019. De g. à droite : Lionel Gauvin (directeur général, Fédération des caisses populaires de l’Ontario), Robert Boucher (président, Caisse populaire Voyageurs), monsieur Vallée (vice-président, Caisse populaire Voyageurs), Donald Narbonne (vice-président, Nouvelle Caisse Ontario) et Stéphane Trottier (président, FCPO et de la Nouvelle Caisse Ontario).